Le Bureau Des Arts et CowBoy




Mardi 27 Novembre avait lieu l'avant première du film Cowboy au cinéma Cezanne d'Aix en Provence en présence de l'équipe du film. Étaient présents le réalisateur Benoit Mariage et les acteurs Benoit Poelvoorde et François Damien. Sans oublier Audrey et Steven…
Synopsis du film
Daniel Pinon passe son temps entre son boulot morne de journaliste, son couple monotone et ses idéaux perdus. Il arrive pourtant à redonner un sens à sa vie en se lançant corps et âme dans un nouveau projet : réaliser un documentaire sur Tony Sacchi, héros révolutionnaire de sa jeunesse qui braqua un bus scolaire pour faire entendre ses idées. Pour cela il veut retrouver tous les otages, des enfants à l'époque, les faire remonter dans le bus et les confronter, 30 ans après, à leur ravisseur...
Salle comble. Des tonnerres d'applaudissement pour accueillir le réalisateur, Benoit Mariage, et ses deux acteurs François Damien et Benoit Poelvoorde. Pourtant à la fin du film, le public était resté perplexe, ne comprenant pas toujours où le réalisateur avait voulu les emmener et hésitant entre rire et pleurer pendant certaines scènes. Toujours dans son attachement au style documentaire, Benoit Mariage s'est inspiré de sa propre fascination de jadis pour une prise en otage qui s'est déroulée en Belgique et qui a révélé un jeune homme révolutionnaire et charismatique. Tout comme le personnage principal dans le film, le réalisateur avait pensé à réaliser un documentaire sur Tony Sacchi pour finalement s'atteler à cette fiction. C'est ainsi un film très personnel qu'il nous livre en l'inscrivant dans un esprit de quête. La quête d'un documentaire parfait ou peut être plutôt la quête de soi pour le personnage interprété par Benoit Poelvoorde ? On ne s'en rend pas bien compte au départ, mais le coeur de l'histoire n'est pas ce documentaire sur le preneur d'otage mais bel et bien la réflexion intérieure du personnage principal qui va questionner ses idéaux, ses méthodes, sa vie. Benoit Poelvoorde est d'ailleurs impressionnant de vérité et de tristesse dans un rôle où on ne l'attendait pas forcement.

Toute l'équipe d'acteur est d'ailleurs très juste dans son jeu même si on regrette de voir si peu Gilbert Melki dont le personnage aurait mérité d'être plus fouillé. Ce jeu d'acteur arrive à nous tenir éveillé quand le film perd de son rythme avant d'arriver à une scène finale qui donne tout son sens au récit.
C'est également le débat avec l'équipe du film qui permet de véritablement saisir les intentions du réalisateur. Celui-ci démontre que son film lui tenait à coeur et nous explique l'optique de ce personnage qui perd toutes ses illusions au cours du film et finit par se redécouvrir lui même. Cette explication sérieuse contraste avec la légèreté des acteurs qui s'employaient à divertir le public.
Enfin, une question qui doit tarauder bien des spectateurs … Pourquoi avoir appelé ce film « Cow Boy » ? C’est une interrogation à laquelle le réalisateur a souvent été confronté … En fait pour comprendre, il faut comprendre le langage belge d’abord … Un Cow Boy en Belgique, c’est un gars qui fonce dans le tas, c’est un « Johnny » si on reprend l’expression du réalisateur lui-même : A l’image du personnage de Daniel Pinon qui jusqu’au bout du film mettra toute son énergie à défendre son projet …